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Serge JEANDOT, résistant

Publié par Alaingagnieux le 4 décembre 2015 dans la catégorie Histoires de famille, Seconde Guerre mondiale

familleSerge_vers 1940Serge JEANDOT (dit BOURGUEHUS) milite dans la Résistance dès janvier 1941. Il a 17 ans.

Il commence par servir au groupe Combat de Paris, sous les ordres du lieutenant Michel RICHEBOURG : élève au lycée Rollin à Paris, il est chargé de recruter des volontaires.

Puis il quitte le groupe Combat pour adhérer au groupe Libération-Vengeance. Il est chargé par son responsable, M. RENAUD, de constituer des sections de sabotage. Après l’arrestation de ce dernier en novembre 1942, Serge prend contact avec un officier de l’Armée Secrète (AS), le lieutenant Jean GUISSINGER. Celui-ci le fait entrer dans le groupe AS de Villemomble (actuelle Seine-Saint-Denis).

Serge entre à la SNCF dans le courant de l’année 1943 (les témoignages étant confus sur ce point, il me reste à vérifier qu’il a bien été actif dans le mouvement Résistance-Fer [1]).

[Rappel chronologique en bas de page]

familleSerge_1943

Fin 1943, avec les camarades qu’il a réussi à regrouper autour de lui, il se place sous les ordres du Chef d’Escadron de Cavalerie de réserve HENRY (dit BERTRAND), commandant du 1er Bataillon du Régiment Armor, officier de liaison auprès de la IIIe Armée américaine. Serge prend part ainsi à la création de régiments organisés dans Paris et sa banlieue.

Ses missions sont nombreuses : elles portent sur le recrutement et la propagande, l’organisation de groupes armés, la recherche d’armes [2] ainsi que l’établissement de faux-papiers, le vol de documents allemands, le renseignement et le passage dans le maquis jurassien de jeunes patriotes poursuivis par la Gestapo.

familleSerge_FFINommé lieutenant des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) [3] le 5 mai 1944, il devient responsable d’un groupe mobile de 80 hommes, secondé par le sous-lieutenant Jacques TRAVERS [4]).

Le 18 août 1944, il participe avec le capitaine GAUDIN à l’attaque d’un train d’armes et de munitions stationné au garage SNCF de la Fosse aux bergers à Villemomble, au cours de laquelle 60 armes automatiques (mitrailleuses et fusils mitrailleurs) et des milliers de cartouches furent prises à l’ennemi.

Du 21 au 27 août 1944, il participe à la défense de la mairie de Villemomble ainsi qu’aux attaques visant à interdire le passage de la route Paris-Meaux.

Jusqu’au 28 août il prit part à la campagne de Paris. À cette date, à la tête d’un groupe de huit hommes (dont le sous-lieutenant TRAVERS et les sergents-chefs VIRARD et CAZEAUX), il attaque le pont des Trois-Communes à Gagny (actuelle Seine-Saint-Denis) que les allemands s’apprêtaient à faire sauter. Il fait quatre prisonniers après avoir été encerclé pendant quatre heures par un ennemi beaucoup plus fort en effectif et en matériel. Le groupe réussit à se dégager sans aucune et ramène quatre prisonniers.

D’après les récits de ma mère et de mes grands parents maternels, ainsi qu’à partir des attestations délivrées par le Commandant HENRI, supérieur hiérarchique de Serge JEANDOT dans la Résistance.

Pour la suite de son histoire  Lettres d’un soldat de 1944 à 1947

Notes :

1. Le mouvement Résistance-Fer est créé au début de l’année 1943. Composé principalement de cheminots français, ses activités sont axées essentiellement sur la recherche et la transmission aux forces alliées, des mouvements de l’armée allemande, ainsi que le sabotage des lignes, des matériels et infrastructures ferroviaires.

2. Serge faillit participer à l’expédition du 17 août 1944 à la porte Maillot, laquelle avait pour but la prise de livraison d’un stock d’armes. Elle se termina tragiquement : 21 hommes du groupe de Chelles ont été pris et furent fusillés le lendemain au bois de Boulogne. Cet épisode est relaté par Jacques DELARUE dans Trafics et crimes sous l’occupation, Fayard, Livre de Poche, 1968, p. 131-132. Dans un exemplaire que j’ai en ma possession, le père de Serge, Lucien JEANDOT, avait écrit en marge : « Serge devait y aller mais sur mes instances il est allé voir le Commandant Henry, rue Louise, qui l’en a empêché. Un Alsacien habitant les Coquetiers y a été tué. Une rue porte son nom [il s’agit certainement de Bernard GANTE] ».

Voir aussi le site de Gilles PIMOUT, La libération de Paris.

3. Les FFI sont constituées le 1er février 1944 à partir des principaux groupements militaires de la Résistance intérieure (AS, ORA, FTP…).

4. Il s’avérera (avec un retard de plus de 40 ans) que Jacques TRAVERS a été très vraisemblablement mon professeur d’anglais au collège Pasteur de Villemomble, au début des années 1960. Il ne pouvait deviner alors que j’étais le neveu de son frère d’armes puisque je ne porte pas le même patronyme.

Rappel chronologique

18/06/1940 : premier appel du Général de Gaulle

2/01/1942 : parachutage de Jean Moulin

11/11/1942 : la Wehrmacht envahit la zone libre

26/01/1943 : fusion des trois principaux mouvements de zone Sud (Combat, Libération-Sud, Franc-Tireurs), création des Mouvements Unis de Résistance (MUR)

27/05/1943 : Jean Moulin installe le Conseil national de la résistance

21/06/1943 : arrestation de Jean Moulin à Calluire

29/12/1943 : fusion de l’A.S. et des F.T.P. qui devait être à l’origine de la création des F.F.I.

5/01/1944 : en intégrant les mouvements de zone Nord, les M.U.R. deviennent le Mouvement de libération nationale (M.L.N.)

21/02/1944 : exécution de 22 partisans de la M.O.I. (main d’œuvre immigrée)

Février 1944 : création des F.F.I.

6/06/1944 : débarquement allié en Normandie

21-23/07/1944 : attaque et fin du maquis du Vercors

15/08/1944 : débarquement franco-américain en Provence

19-25/08/1944 : libération de Paris

Fin août 1944 : incorporation des F.F.I. dans l’armée régulière

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