Geneviève CHANDELLO-FELIX, internée à 8 ans au camp d’Arc-et-Senans (Doubs)

Propos recueillis par Alain Gagnieux le 27 mars 2008, puis par Louis Vazzoler, aumônier des Gens du Voyage.

Le témoignage de Geneviève Chandello-Félix a servi de fil conducteur à l’ouvrage intitulé Chronique des jours immobiles.

Geneviève Chandello, internée à l'âge de 8 ans pendant 1 365 jours

Geneviève Chandello, internée à l’âge de 8 ans pendant 1 365 jours

On était des Manouches. Mon grand-père était Italien et ma grand-mère d’origine suisse allemande.

Mon père et ma mère étaient jeunes quand ils se sont mis ensemble [1]. Et puis après, quand ma mère est tombée enceinte de moi, je ne sais pas ce qui s’est passé, mon père est parti. À ma naissance, en 1933, j’ai été enregistrée sous le nom de ma mère, Chandello. Puis mon père est revenu quand j’avais neuf mois. Mais mes grands-parents n’ont pas voulu me laisser partir avec mes parents et ce sont eux qui m’ont élevée. Ils se sont toujours opposés à ce que mes parents me reconnaissent, car ils craignaient que je leur sois enlevée. À leur mariage en 1941, mes parents ont reconnu ma sœur Elise qui était née en 1936. Elle est devenue Kaufmann alors que je suis restée Chandello.

Vous viviez dans une roulotte ?

Non, non, on avait une charrette qu’on traînait. Et puis il y avait la musique. Guitare et violon. Les hommes étaient engagés dans les villages partout où ils étaient demandés : pour les mariages, les communions, les fêtes… On ne vivait que de la musique. À l’heure actuelle encore ! Mes enfants sont musiciens, un de mes fils est professeur de musique.

Quand vous étiez petite, vous alliez à l’école ?

Non, pas du tout ! Enfin si, j’ai été à l’école comme ça… Un coup de crayon sur une ardoise par-ci, une page de cahier par-là. C’est tout.

Où étiez-vous quand vous avez été arrêtés ?

On a été arrêtés par la gendarmerie française en juin 1941, dans la région de Belfort. À cette époque de l’année, on voyageait avec nos charrettes à mains, et l’hiver on habitait dans une maison, à Vermondans [Doubs].

J’étais avec mes grands-parents. On n’était pas nombreux, trois ou quatre familles. Les gendarmes sont arrivés et nous ont demandé les papiers. Il y en avait qui n’étaient pas en règle. Ils nous ont pris les papiers et ils nous ont dit : « On va vous emmener dans un endroit où vous serez tranquilles ».

[cf la synthèse intitulée Des « nomades » internés à Arc-et-Senans de 1941 à 1943]

Ils nous ont donc envoyés dans un camp, dans la forêt de Chaux. En train ou en camion, je ne sais plus. C’était à côté d’Étrepigney [Jura] [2]. Le 24 juin, on est arrivés à pieds dans une clairière où on nous a installés. Il y avait déjà des familles partout dans la forêt. Des douaniers nous gardaient. On est restés trois mois dans ce camp. En septembre, le chef des douaniers a dit : « Il y a des salines là-bas où vous serez au chaud l’hiver ». Ils ne pouvaient pas nous laisser dehors.

Comment ça s’est passé dans la forêt de Chaux ?

On s’est logés avec des toiles de tente. On était quatre familles pas plus. Nous, des Reinhardt et des Winterstein [3].

De notre famille, il y avait :

– mes grands-parents, Louis et Maria Chandello ; ce sont eux qui m’élevaient ;

– mon oncle Charles Chandello et son épouse Anna Haerter, avec leurs quatre enfants ;

– mon oncle Émile Chandello et son épouse Berthe Reinhardt, avec leurs deux enfants ; ils habitaient à Mathay dans le Doubs, dans une maison de garde-barrière, ce qui ne les a pas empêchés d’être internés.

Après, on est allés aux salines d’Arc-et-Senans. C’était tout en friche.

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Aux salines, vous étiez installés dans les bâtiments ?

On était logés là, au rez-de-chaussée [voir le plan ci-dessous ; il s’agit du petit bâtiment dessiné en bleu en haut à droite]. Il y avait cinq ou six familles dans ce bâtiment. On n’avait pas grand chose. On couchait dans une petite pièce, sur un lit de 90 en fer ; on avait juste un bout de paillasson et une couverture. On avait froid. La journée, ma grand-mère ramassait des brindilles, derrière le camp où il y avait des arbres, tout le long après le mur. Avec ces brindilles, on faisait du feu le soir. On avait un petit fourneau. C’est là que ma grand-mère est décédée.

À Arc-et-Senans, au début, puisque vous pouviez sortir, que faisiez-vous ?

Oui, au début on pouvait sortir. Mes grands-parents faisaient des paniers et ma grand-mère allait les vendre. Et puis il y avait beaucoup de gens du voyage qui arrivaient. ça entrait, ça sortait.

Quand le camp est devenu camp d’internement, c’est à dire quand les entrées et sorties n’ont plus été libres, que faisaient les gens de leurs journées ?

Enfermés, à attendre. Quelques hommes allaient travailler dans la forêt de Chaux, dont mon grand-père et mes deux oncles.

Plan du camp d’Arc-et-Senans entre 1941 et 1943

Plan du camp d’Arc-et-Senans entre 1941 et 1943

Vous alliez à l’école ?

Au début, on est allé à l’école communale d’Arc-et-Senans. Pendant huit jours. Après, on nous a rassemblés dans une salle de la saline. C’était tout mélangé, filles et garçons, grands et petits. L’instituteur s’appelait Claude Girard. Il venait de Montandon, à côté de Maiche [Doubs]. À quelques mètres de l’entrée de la salle de classe, dehors, tous les quinze jours, un employé venait nous couper les cheveux à ras, garçons et filles, par mesure d’hygiène ; c’était pour la lutte contre les poux.

Vous m’avez dit que votre grand-mère est décédée au camp.

Ma grand-mère est décédée le 2 février 1943. Mon grand-père était entré à l’hôpital de Besançon le 19 janvier. Ma grand-mère n’était pas bien. Elle se faisait du souci, elle ne mangeait rien et le moral n’était pas bon. Elle s’est couchée sous une petite couverture. Vers six heures je me suis réveillée et je lui ai demandé du pain. Pour moi, elle mettait toujours un peu de pain de côté. Elle en a cassé un morceau pour me le donner. Et elle me dit : « Tout à l’heure, je t’en donnerai un autre bout ». Elle dit aussi qu’elle avait mal à la tête et elle a pris deux cachets d’aspirine du Rhône, comme on prenait à l’époque [4]. Elle a bu dans un bol ; l’eau était glacée. Puis elle a voulu dormir et m’a prise dans ses bras. Alors quand j’ai mangé mon pain, je lui ai demandé l’autre morceau. Elle ne répondait pas. Je lui ai dit : « Je veux mon pain, je veux mon pain ». Elle n’a pas répondu. Elle avait la tête de côté, son bras s’est relâché puis sa tête s’est inclinée. Elle a respiré deux fois, profondément. J’ai vu qu’elle était morte. Alors je me suis levée et j’ai couru chez les douaniers. J’ai tapé à la porte et j’ai dit que ma grand-mère est morte, que ma grand-mère vient de mourir. Le brigadier m’a répondu : « File te coucher ! ». Alors, il y avait d’autres Manouches qui dormaient là-bas. Je les ai réveillés et ils sont tous venus. Après ils ont appelé le docteur. Il l’a examinée et il a dit que c’était son cœur qui était trop faible. Elle avait 66 ans.

Mon grand-père était toujours à l’hôpital de Besançon. Il est sorti quinze jours après. Il a dit : « Où t’es Maman ? où t’es Maman ? ». On lui a dit qu’elle était à l’hôpital. Il fallait pas lui dire tout de suite, à cause du choc. Alors il a demandé ce qu’elle avait et on lui a répondu qu’elle avait un peu de grippe. Il m’a prise dans ses bras et il m’a dit comme ça : « Demain, on ira la voir, hein ? ». Je pleurai et il a crû que c’était à cause de mon crâne rasé. Tous les enfants avaient le crâne rasé [5]. Il m’a dit : « Ne pleure pas, ne t’inquiète pas, il vont repousser tes cheveux ». Puis : « Quand ta maman sortira de l’hôpital, si Dieu le veut, si on sort d’ici, on retournera dans mon pays, dans le Doubs ; je t’achèterai des bonbons, des gâteaux ». Arrivés au matin il dit : « Alors, on va voir Maman ? ». Ma tante qui était là lui dit : « Elle est partie, elle est morte » [6].

Maintenant, j’ai toujours cette peur en moi. J’ai passé des examens à Lyon, vers un psychiatre. Je lui ai dit que je n’avais que de la tension, que je me soignais pour ça et que je n’étais pas malade. Alors, il m’a répondu : « On va voir ». Finalement, j’ai été reconnue atteinte du syndrome des internés.

Et vos parents ?

Mes parents ne vivaient pas avec nous. Ils ont été internés à Argelès-sur-Mer [Pyrénées orientales] vers la fin décembre 1941, ou début janvier 1942. Mais pas longtemps, car au bout de quelques jours, ils se sont évadés. Environ trois mois après, ils ont été arrêtés vers Belfort. Puis le 10 avril 1942, ils sont arrivés à Arc-et-Senans. Mais le 27 mai suivant, ils se sont encore évadés et ont repris le voyage en se cachant. Ils se trouvaient à Villié-Morgon [Rhône] quand ma sœur Gloria est née, le 10 septembre 1942.

Apprenant le décès de ma grand-mère, ils sont revenus nous rejoindre à Arc-et-Senans, avec mes deux sœurs Élise et Gloria. C’était le 2 mars 1943. Quelques jours après, mon père obtenait une permission de sortie, mais il n’est pas revenu. Il avait rejoint un maquis du Jura.

Plus tard, ma mère m’a dit : « Je vais partir, je vais le rejoindre ». J’ai su après que mon père avait fait dire à ma mère – j’ignore comment – qu’il fallait qu’on s’évade pour aller en Suisse, pays où il n’y avait pas de camp d’internement. Il lui avait donné rendez-vous en gare de Lyon.

Ainsi, le 19 avril 1943, ma mère est montée sur le mur avec une échelle, s’est mise à califourchon et a jeté un gros édredon sur les broussailles à l’extérieur du camp. Puis elle nous a fait monter sur le mur et sauter sur l’édredon, mes deux sœurs et moi, et Madame Winterstein et ses cinq enfants. Après trois jours de marche à travers champs et dans les bois (7], nous avons pris le train à Gevingey, près de Lons-le-Saunier. En train, on est allés à Lyon où mon père et monsieur Winterstein nous attendaient.

Les Winterstein sont partis de leur côté. Nous, on a repris le train jusqu’à Saint-Paul-de-Varax dans l’Ain, où mon oncle Alphonse Kaufmann nous attendait. De là, on a voyagé à pied. À Bellegarde, suite à un contrôle d’identité, on a été arrêtés et ramenés à Besançon. Mon oncle n’a pas été inquiété car ses papiers étaient en règle. Mais mes parents ont été mis en prison. Ma sœur Élise et moi, on nous a mis à l’hôpital de Bellevaux. Trois jours après, une jeune fille nous a emmenées dans un orphelinat. En voyant ORPHELINAT écrit sur la grande porte, ma sœur s’est évanouie.

Trois mois après, fin août, quelques jours avant de partir dans le camp de Jargeau [voir plus bas], on nous a ramenées à Arc-et-Senans où on a retrouvé ma mère et ma petite sœur Gloria. Après la prison à Besançon, mes parents avaient été ramenés à Arc-et-Senans. Mon père, à la première permission de sortie, était reparti au maquis.

Est-ce que les familles se connaissaient ?

Il y en a qui se connaissaient. Mais c’était chacun pour soi.

Comment ça se passait avec les gardiens ?

Ils étaient gentils. Il y avait monsieur Gravelle, monsieur Vienet, le capitaine Vernerey… Après, je ne me souviens plus.

On voyait les Allemands ?

Oui, ils venaient de temps en temps. Deux fois par mois. Ils regardaient partout. Le grand-père jouait quelque chose pour eux. Il avait un violon. Il jouait et les Allemands lui donnaient quelque chose, un paquet de tabac. Il y avait d’autres musiciens dans le camp, mais ils venaient vers mon grand-père car il parlait allemand [8]. Quelque fois les musiciens se retrouvaient pour jouer ensemble, pour fêter un anniversaire.

Vous vous souvenez du départ à Jargeau ?

Ah oui ! Par le train. Il a mis longtemps. À cause des bombardements, il s’arrêtait, il repartait. Je ne voulais pas partir. Ma grand-mère était enterrée au cimetière d’Arc-et-Senan et je ne voulais pas laisser.

On nous a mis dans des wagons à marchandises, dans la paille. On ne savait pas où on nous emmenait. On avait peur que ce soit en Allemagne. Je me souviens d’un arrêt à Vierzon [9] où, dans une grande salle, on nous a donné à manger. Puis, on est arrivés à Orléans et on nous a emmenés en car à Jargeau.

Qu’est-ce qui vous a marquée le plus à Arc-et-Senans ?

C’est le départ de ma grand-mère. Moi, j’en parlais jamais, ni à mon mari ni à personne. Quand je rencontrais des gens qui avaient été internés avec moi, ils m’en faisaient rappeler des choses ! Alors je partais, je ne voulais rien entendre. Rien, rien, rien !

À l’adolescence, quand les copines m’appelaient pour sortir, je refusais. Je préférais me tenir à l’écart, car j’avais peur. Ce qui m’a sauvée, c’est quand j’ai eu mon premier enfant, mon fils [10].

Comment ça s’est passé à Jargeau ?

On était dans des baraquements. On était moins bien logés qu’à Arc-et-Senans. À Arc-et-Senans, quand les hommes revenaient de la forêt de Chaux ils ramenaient un peu de bois et quand on avait froid on pouvait faire un peu de feu. On est restés deux ans à Jargeau. Il y avait l’école, la messe tous les dimanches. Un prêtre venait du dehors ainsi qu’un catéchiste.

Mon grand-père est décédé à l’hôpital d’Orléans le 4 mars 1944.

Pour sortir du camp, il fallait avoir un appartement. Mon père qui était à l’extérieur, en a trouvé un à Jargeau, mais on y est jamais allés.

Quand avez-vous été libérés ?

On est sortis du camp le 5 mars 1945. On est partis directement à Mâcon en train et on a repris le Voyage. Mais je ne pouvais pas m’y faire. À 14-15 ans, je suis allée voir mon oncle Émile qui vivait avec sa famille à Giromagny [Territoire de Belfort]. Alors j’ai travaillé au tissage jusqu’à 18 ans. Puis alors que j’étais en vacances, j’ai voulu aller à Bourg-en-Bresse. C’est là que j’ai fait la connaissance de mon mari. Nous sommes ensemble depuis 56 ans et on ne peut pas se séparer.

Mes parents, ont continué à voyager, en charrette. Puis vers la fin – ma mère est morte il y a dix ans et mon père seize ans – ils ne voyageaient plus. Ils se sont arrêtés à Thann [Haut-Rhin].

Avez-vous gardé des contacts avec d’autres internés ?

Oui, bien sûr. Mais je leur en parlais jamais. Je ne voulais rien entendre, même mon témoignage.

Vous vous revendiquez comme Manouche ?

Oui.

Quelles sont vos relations avec les gens du quartier ? Ils savent que vous êtes Manouche ?

Oui, ils le savent. Je suis bien estimée. Ça fait cinquante ans que j’habite le quartier. Les gens sont « super ».

Maintenant que nous arrivons à la fin de notre entretien, que souhaitez-vous ajouter ?

[…] Mes enfants ne parlent pas manouche. Moi oui, mon mari non. Ses parents étaient forains, rien à voir avec les Manouches. Les gendres et les belles-filles ne sont pas des gens du voyage. C’est une autre mentalité. On ne voyage plus aujourd’hui… Maintenant je ne peux plus. Quand les enfants étaient petits, on partait au mois de juillet et on revenait début septembre pour la rentrée scolaire.

[…] Je suis pensionnée depuis 2000. Je touche la pension d’internée politique. À ma connaissance, je suis la seule [des internés d’Arc-et-Senans et de Jargeau] qui l’a touchée. J’ai été aidée par l’association de Vesoul. Je souffre encore maintenant de ce que j’ai vécu dans les camps. Il ne faut pas que j’y pense. Sinon, je revois tout.

[…] Mes grands-parents m’ont donné beaucoup d’amour, d’affection, que je transmets à mes enfants. Et ils font pareil avec leurs enfants. C’est ça qui me fait vivre. Mes enfants c’est toute ma vie. Ils connaissent mon histoire, mais ils ne m’en parlent pas. Je dis que sans eux je ne serais pas là. Ce sont mes enfants qui me tiennent, mes petits-enfants, mes arrière-petits-enfants… Il n’y a pas un jour où je suis seule. Je suis heureuse.

Notes :

1. Le mariage coutumier chez les Gens du Voyage suppose un accord entre les parents de la future et le prétendant. Certainement, le jeune père de Geneviève Félix avait-il omis cette démarche et outrepassé l’avis des parents (note de Louis Vazzoler).

2. Le camp est installé dans la forêt de Chaux, à 5 km d’Étrepigney (Jura), à côté de deux maisons forestières nommées le Châtelain et la Châtelaine.

Quarante-quatre nomades sont arrivés le 24 juin 1941 dans le camp de la forêt de Chaux (toutefois, si on se réfère aux fiches d’identification, Louis, Maria et Geneviève Chandello, ainsi que trois membres de la famille Laferthin, seraient arrivés le 10 juin). Un groupe venant du Territoire de Belfort avait été acheminé en camion, les autres vraisemblablement en train.

Dans son rapport du 24 juin 1941, le capitaine Picot décrit « les réelles difficultés qui se sont manifestées relativement à l’organisation des camps ». Les deux groupes arrivés le 24 juin comprennent presque uniquement des femmes et des enfants et « ne disposent d’aucune roulotte. Une vingtaine d’entre eux ont pu être logés dans la baraque prévue à cet effet [il s’agit d’une construction en bois attenante à l’une des deux maisons forestières ; elle servait initialement de remise-écurie], les autres, bien que peu pourvus en matériel de campement, sont installés en plein air dans la clairière. Il est certain qu’il n’y aura pas assez de place au Châtelain [à prendre ici dans le sens de lieu-dit] pour loger les nomades qui n’auront pas de roulotte ». Archives départementales du Doubs, 48W1.

D’autres groupes sont arrivés les 2, 3 et 10 juillet, mais des évasions ont eu lieu presque aussitôt (pour en savoir plus, consulter Chronique des jours immobiles).

3. Les deux premiers groupes comprenaient aussi la famille Laferthin. Par la suite il y aura les familles Furhmann, Gigelmann et Gruch.

4. Il s’agit alors d’aspirine commercialisée sous forme de comprimés par la société chimique des usines du Rhône

5. Le règlement du camp, institué le 19 octobre 1942, stipule que seuls « les enfants de sexe masculin doivent avoir les cheveux constamment coupés à ras. Il en est de même des hommes ayant des poux et des lentes ». Or, Geneviève Félix affirme que les filles avaient aussi le crâne rasé.

6. Geneviève est alors recueillie par sa tante Berthe Reinhardt et son oncle Émile Chandello ; celui-ci était garde-barrière à Mathay (Doubs).

7. Un peu plus de 45 km « à vol d’oiseau », soit plus de 15 km par jours.

8. Il était de nationalité italienne. Ayant vécu en Suisse et ayant été marié à une Suisse allemande, il avait vraisemblablement appris à converser en allemand.

9. D’après le rapport du brigadier-chef Gravelle, il n’y aurait eu qu’un seul arrêt à Bourges. Cependant, Geneviève Félix confirme que l’arrêt « casse-croute » a eu lieu à Vierzon.

10. Né en 1953.

Bibliographie :

Alain GAGNIEUX, Chronique des jours immobiles – L’internement des « nomades » à Arc-et-Senans – 1941-1943, L’Harmattan, 2011

Nathalie LAMBERT, L’internement des tsiganes dans les salines d’Arc-et-Senans pendant la seconde guerre mondiale : 1941-1943, maîtrise d’histoire contemporaine, sous la direction de François MARCOT, Université de Franche-Comté, 2000.

Laurent PELTIER, Le camp de nomades des Salines d’Arc-et-Senans, 1998.

Le colloque d’Arc-et-Senans : des lieux de mémoire, Actes du colloque organisé aux Salines Royales d’Arc-et-Senans les 11 et 12 mars 1999, Études tsiganes vol. 13, 1999.